Participation citoyenne

Enjeu, Mobilisation, Montréal, Participation citoyenne

Qu’entend-on par participation citoyenne ? Le concept a traversé des contextes changeants, amenant différentes visions de la participation des citoyens, différents degrés de reconnaissance et différents espaces de participation.

Entre les années 60 et 80, la participation citoyenne s’exprime surtout à travers des comités de citoyens, soutenus par des animateurs sociaux. Le logement et les droits sociaux en général sont des sujets centraux.

Au début des années 80, l’État reconnaît formellement les organismes communautaires, qui se voient alors confiés la responsabilité de certains services à la population. Cette reconnaissance les place devant le défi de maintenir leur autonomie (militantisme, vie démocratique, etc.). L’effet de « professionnalisation », vécu durement dans quelques secteurs de l’action communautaire, n’est pas sans conséquence sur la participation des citoyens à la vie des organismes et, plus globalement, sur les objectifs de développement de la citoyenneté. Les citoyens ont ainsi moins de place dans les instances décisionnelles et deviennent essentiellement des « usagers ».

De nos jours, on assiste à la remontée de la démocratie participative et à la reconnaissance de la participation des citoyens comme stratégie d « empowerment » collectif et de développement local. Or, cette participation demeure un grand défi, tant en terme de mobilisation que de réelle prise des citoyens sur les décisions qui les concernent.

La relation entre la participation citoyenne et l’aménagement urbain ne peut pas être comprise sans aborder le rapport au territoire. Guy Di Méo a élaboré le concept d’espace social sur lequel il écrit : « les relations de l’homme à l’espace géographique épousent un espace social vécu à sa manière par chaque individu » (Di Méo, 1998). Cette relation est à la base du sentiment d’appartenance qui amène les citoyens à s’impliquer dans l’aménagement de leur espace de vie. De plus, la proximité crée des liens et permet des actions collectives. La citoyenneté se construit donc essentiellement à l’échelle du quartier.

C’est également dans l’espace social que se cachent des relations de pouvoir. Les acteurs n’investissent pas l’espace de la même manière et n’ont pas les mêmes buts. Il s’ensuit des tensions et des négociations pour soumettre les pratiques sociales à certaines préoccupations.

Des pistes pour l’intervention

L’histoire de Montréal est riche d’expériences citoyennes. Ces expériences ont amené des changements parfois très importants, bloquant des projets ou en suscitant d’autres. Elles ont généralement permis une meilleure prise en compte des besoins sociaux et, parfois, de donner un réel pouvoir de décision aux citoyens quant au développement de leur milieu de vie.

Les espaces de participation citoyenne sont diverses. Certains règlements, mécanismes et outils formels (consultations publiques, assemblées publiques, Charte montréalaise des droits et responsabilités, Ombusman, etc.) permettent l’expression des préoccupations citoyennes et leur prise en compte. Les comités de citoyens, cafés-urbains, assemblées citoyennes, etc. sont d’autres espaces, davantage informels, à travers lesquels les citoyens peuvent s’informer, définir leur vision et leurs priorités et interpeller les institutions publiques et les acteurs privés.

Certaines des expériences de participation citoyenne ont été documentées au fil du temps. Mentionnons, à titre d’exemples : l’Opération populaire d’aménagement, les cafés citoyens du Mile-End et la Déclaration citoyenne des femmes de Sainte-Marie. Mentionnons également la réalisation récente d’un documentaire retraçant l’histoire de « luttes urbaines » qui ont façonné la ville.

À LIRE AUSSI

En complément

Paru le 27 juillet 2009

Participation citoyenne

En complément

Paru le 18 août 2009

Participation citoyenne

Connexion sécurisée

  • Se connecter

  • Logo Montréal