LIENS D'INTÉRÊT


Enjeu, Exclusion sociale, Itinérance et marginalité, Pauvreté

L’itinérance est un phénomène complexe et multiforme. De manière générale, on définit un itinérant comme «une personne qui n’a pas d’adresse fixe, qui n’a pas d’assurance de logement stable, sécuritaire et salubre, à très faible revenu, avec une accessibilité discriminatoire à son égard de la part des services, avec des problèmes, soit de santé physique, de santé mentale, soit d’alcoolisme et/ou de toxicomanie, et/ou de désorganisation sociale et dépourvue d’appartenance stable» (Comité des sans-abri, 1987)

L’errance urbaine est une problématique sociale à l’évolution préoccupante. Elle révèle aujourd’hui des visages nouveaux et inquiétants : plus de jeunes, de femmes, une présence autochtone manifeste, mais aussi davantage de personnes en grande difficulté, incluant des itinérants âgés

Les problèmes associés à l’itinérance sont nombreux : pauvreté, situations familiales difficiles, alcoolisme, problèmes de jeu et de drogue, judiciarisation, problèmes de santé mentale. Certains prennent forme avant et d’autres pendant la situation d’itinérance, impliquant une action en amont et en aval de ces problèmes. Cette conjugaison oblige une concertation entre des partenaires communautaires et publics afin que les problèmes vécus par les itinérants soient pris en charge globalement.

Si l’itinérance détruit des individus, elle affaiblit aussi les collectivités. Ses manifestations dans l’espace public sapent le sentiment de sécurité et entraînent des réactions d’intolérance qui isolent davantage les personnes en difficulté.

Des pistes pour l’intervention

En 2005, le Réseau solidarité itinérance du Québec a organisé les premiers États généraux de l’itinérance au Québec. Il en a résulté le document Le droit de cité, une déclaration commune en faveur des personnes en situation d’itinérance, d’exclusion sociale et de grande pauvreté.

Un consensus fort émerge sur la nécessité d’obtenir l’implication active du gouvernement du Québec, notamment par l’adoption d’une véritable politique québécoise en matière d’itinérance. Les acteurs du milieu attendent avec impatience le dépôt, prévu pour l’automne 2009, du rapport de la Commission des affaires sociales de l’assemblée nationale concernant le phénomène de l’itinérance.

Pour Montréal, le défi est d’assurer le maintien d’un climat social serein et inclusif tout en développant des solutions pour prévenir l’itinérance et venir en aide de façon durable aux personnes en difficulté. Ainsi, un Plan d’action intersectoriel en itinérance 2007-2012 a été développé conjointement par la Ville de Montréal, l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal et le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM). Le projet ÉMU (Équipe de Médiation Urbaine) est une des initiatives intéressantes qui a pour but la médiation dans les conflits de partage des espaces publics, dont les problèmes de cohabitation avec les itinérants.

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Paru le 14 décembre 2009

Un premier plan d’action en itinérance pour le Québec

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