Vieillissement de la population en milieu urbain

LIENS D'INTÉRÊT


«Il s’agit de passer d’une situation où le vieillissement est perçu comme un problème à une situation où celui-ci sera perçu comme une opportunité» (Rendez-vous des générations de l’Institut du Nouveau Monde, p. 3).

Contexte

Le monde entier vieillit rapidement. De 11% en 2006, le nombre de personnes de 60 ans et plus atteindra 22% de la population mondiale en 2050 selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) (2007). À Montréal, on dénombrait 246 085 personnes de 65 ans et plus en 2006, soit environ 16% de la population totale montréalaise. Parmi ces individus, 38% étaient issus de l’immigration et plus de la moitié étaient des femmes (56%). Les estimations prévoient qu’en 2026, 21% des montréalais seront âgés de 65 ou plus (Direction de Santé Publique (DSP), 2008 : 4). En 2006, sur l’île de Montréal, 92% des aînés vivaient à domicile et 35,9% vivaient seuls.

Il a été statué qu’une «personne âgée» est une personne de plus de 65 ans. Ce statut est encadré par une série de politiques sociales, de mesures fiscales et de programmes. Cependant, cette catégorisation, et les mesures qui en découlent ne tiennent pas nécessairement compte que cette clientèle est de plus en plus hétérogène. Des facteurs tels que la diversification des trajectoires de vie et des comportements familiaux, l’évolution du rôle des femmes, l’immigration, l’espérance de vie croissante, les relations avec le monde du travail et les services publics, etc., changent considérablement la donne et doivent être pris en compte dans l’élaboration des mesures et programmes. Il est essentiel que les différentes formes d’interventions gouvernementales, locales et communautaires visant la population vieillissante s’arriment à ces transformations sociales, ainsi qu’aux besoins et préoccupations qui évoluent constamment.

En milieu urbain, l’enjeu du vieillissement doit être traité de façon intégrée, soit en considérant tous les aspects de la vulnérabilité potentielle des personnes qui vieillissent en ville. Les personnes âgées «ont besoin d’un cadre de vie favorable et porteur qui compense les transformations physiques et sociales associées au vieillissement» (OMS, 2007: 4). On doit ainsi réfléchir aux questions et aux enjeux de : logement, sécurité financière, transport, mobilité, aménagement et mobilier urbain, soins de santé et services sociaux, communication et information, sécurité alimentaire, sécurité urbaine, loisirs, sports, culture, emploi, intégration et implication communautaire, participation citoyenne, réalité immigrante, discrimination, etc.

Selon l’Institut du Nouveau Monde (INM), la réflexion collective entourant le vieillissement devrait porter sur trois axes:

Le premier concerne la solidarité entre les générations, soit : nos façons de vivre ensemble, le rapport de solidarité à renégocier entre générations, les nouvelles façons de concevoir le parcours de vie, l’éthique du vieillissement et la fin de la vie.

Le deuxième est de voir le vieillissement comme une opportunité en faisant la promotion de la poursuite de l’activité civique chez les aînés, en encourageant une plus grande considération à leur égard et en valorisant l’exercice de leur citoyenneté active ainsi que leur contribution au développement de la société. Pour y arriver, il faut mobiliser les organismes communautaires, les associations, les organisations municipales et les personnes aînées elles-mêmes.

Enfin, le troisième axe de réflexion traite des besoins nouveaux que cette population engendre et de la transformation constante de ces besoins. À titre d’exemple : devrait-on adapter les transports public et privé à cette population ou bien fournir des services particuliers selon la demande; les infrastructures adaptées aux personnes âgées construites pour loger et soigner les baby-boomers devraient-elles être pensées en fonction de leur utilisation subséquente?

Il est dans l’intérêt de la collectivité montréalaise de mesurer les besoins liés au vieillissement, de planifier les besoins dans une perspective intergénérationnelle et d’intervenir dans le respect des intérêts et besoins de tous.

Soulignons que lorsque l’on mesure le vieillissement, il faut tenir compte de la variation des besoins dans les différents territoires de la ville, des notions d’inégalités dans l’accès aux services de transport, de santé, etc., des inégalités de revenu et de la diversité des besoins selon l’âge, le sexe et l’ancrage dans le milieu de vie.

Des pistes pour l’intervention

À Montréal, des solidarités se sont créées à différentes échelles afin de lutter contre les conséquences du vieillissement ou afin de promouvoir les opportunités qu’il procure. Ainsi, la Table de concertation des aînés de l’île de Montréal (TCAIM) rassemble 56 organismes membres-associés qui interviennent sur des enjeux globaux et/ou spécifiques auprès de communautés territoriales, ethniques et professionnelles. À cet égard, Shields et Martel considèrent qu’au même titre que l’exercice et l’alimentation, les facteurs psychosociaux comme l’appartenance à la collectivité et le faible niveau de stress en milieu urbain jouent un rôle important dans le bon état de santé général des aînés (2005 :7).

Voici quelques initiatives et réflexions permettant de mesurer, planifier et intervenir sur l’enjeu du vieillissement.

  • Mesurer le vieillissement en ville

    La Direction de la santé publique a créé un Indice de vulnérabilité qui sert à identifier les populations vulnérables afin de mieux cibler les interventions. Les enjeux qui composent l’indice sont la perte d’autonomie, la détresse psychologique et le besoin de soins à domicile. Pour le mesurer, les données recueillies dans le recensement canadien sont combinées à celles recueillies dans l’enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) (Vieillir en ville, p. 17-20).

  • Planifier le vieillissement : Concertation et planification stratégique

    Depuis 1999, la Table de concertation des aînés de l’île de Montréal (TCAIM) a pour mission d’offrir un lieu où l’on agit de concert avec les organismes d’aînés de l’île de Montréal pour améliorer leur qualité de vie tout en construisant une solidarité avec tous les âges. La TCAIM siège au CA de la CRÉ de Montréal et fait le lien avec les tables locales et régionales.

    L’Organisation mondiale de la santé a créé en 2007 le Guide des villes-amies des aînées. Au Québec, des projets-pilotes de Municipalité amie des aînés (MADA) sont en cours, notamment à Sherbrooke et dans l’arrondissement Charlesbourg de la ville de Québec. Le programme de MADA mise sur le vieillissement actif selon un modèle écologique et sur l’approche participative du développement des communautés.

  • Intervenir

    Depuis 1984, la Coalition pour le maintien dans la communauté, également nommée COMACO, a pour mission de promouvoir le maintien dans la communauté des personnes aînées, principalement celles qui ont des limitations fonctionnelles. Soulignons qu’elle fait la promotion du maintien dans la communauté et non du maintien à domicile.

    Le réseau de la FADOQ de la région de Montréal offre une panoplie d’activités pour les personnes âgées de l’île. L’organisation est également affiliée à de nombreux clubs et associations de quartier.

    Le gouvernement du Québec finance des initiatives communautaires visant l’amélioration des conditions de vie des aînés par l’entremise des programmes Du cœur à l’action et Soutien aux initiatives visant le respect des aînés.

  • Pour terminer, il est souhaitable de s’appuyer sur l’expérience d’une génération de nouveaux et de futurs retraités pour planifier l’avenir dans une perspective de développement durable. Car, tel que souligné par la Ville de Montréal, les villes ont intérêt à tout mettre en œuvre pour que les personnes âgées puissent continuer à participer pleinement à la vie sociale, culturelle et économique, comme tout autre citoyen (Ville de Montréal, Personnes aînées).

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    Paru le 19 août 2009

    Aménagement urbain

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