Gestion des matières résiduelles

Avec la montée des préoccupations environnementales, la gestion des matières résiduelles est devenue un enjeu central et complexe dans le développement des villes. Ainsi, en 2006, Montréal a produit 779 500 tonnes d’ordures vouées à l’enfouissement ; ce qui constitue une hausse de 7% depuis 2002 (Ville de Montréal, 2008). Les conséquences sont graves : contamination des sols, production de gaz à effet de serre et de lixiviat (ce dernier contamine les nappes phréatiques et les eaux de surface), sans oublier que plusieurs matériaux issus de la technologie moderne sont indécomposables et/ou extrêmement toxiques.

Il existe des solutions pour générer moins de déchets et développer tout le potentiel économique et social que représente la mise en valeur des matières résiduelles : réduction, récupération, réemploi, transformation, compostage. La conscientisation et la responsabilisation des citoyens et des entreprises à utiliser ces alternatives ainsi que leur implication dans les processus décisionnels concernant la gestion des matières résiduelles sont vus comme des pistes de solution durable au casse-tête urbain.

La régionalisation est un principe présent dans les politiques québécoises tant nationale que régionale. Elle veut que la gestion des matières résiduelles se fasse à petite échelle, par les autorités locales (MRC ou municipalités) en collaboration avec les citoyens. La régionalisation fait partie d’une approche plus globale appelée « gestion intégrée ». Cette notion est centrale puisque qu’elle favoriserait la prise de conscience et la responsabilisation des citoyens par rapport à la gestion des matières résiduelles du fait de la proximité des infrastructures de traitement (Gareau, 2007).

De nouvelles approches tentent aujourd’hui de prendre en compte l’ensemble du cycle de vie des produits pour en évaluer la trace écologique globale et la conformité avec les principes du développement durable (notamment l’aspect équitable). Ces approches permettent d’augmenter l’efficience des procédés de fabrication pour réduire, entre autres, la production de matières résiduelles.

Des pistes pour l’intervention

Le gouvernement du Québec, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et la Ville de Montréal ont adopté des plans concernant la gestion des matières résiduelles. Le Projet de Plan directeur de gestion des matières résiduelles 2008-2012 de la Ville de Montréal (PPDGMR) a été formulé à partir des recommandations du Plan métropolitain de gestion des matières résiduelles de la CMM (PMGMR), découlant de la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles (PQGMR).

À Montréal, certaines structures facilitent la réduction des matières résiduelles : collecte hebdomadaire des matières recyclables, compostage des résidus verts, Écocentres, Éco-quartier. Toutes ces mesures font écho au PPDGMR de la Ville de Montréal. Le nouveau plan fixe d’ailleurs des objectifs de réductions importants qui supposent l’implantation de nouvelles mesures (entre autres pour l’élimination des déchets), une maximisation des structures déjà en place et la transformation des habitudes des citoyens par la sensibilisation et l’incitation.

En termes de soutien à des initiatives de réduction ou de gestion alternative des matières résiduelles, le Fonds d’action québécois pour le développement durable permet de « susciter et de soutenir financièrement des projets porteurs et structurants qui, dans une optique de développement durable, visent à modifier les pratiques et à changer les comportements individuels et collectifs ». Depuis sa création en 2000, le FAQDD a ainsi financé plus de 400 projets, bourses et stages à travers le Québec (FAQDD, 2009).

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