CARI :: Parcours d’intégration

Êtes-vous intégré? À partir de quand l’est-on? Ne devrait-on pas privilégier plutôt le vivre ensemble? Les invités de la conférence «Intégration réussie? Des experts se prononcent» organisée par le Centre d’accueil et de référence économique et sociale pour immigrants – le CARI Saint-Laurent, ont tenté de répondre à ces difficiles questions devant une foule de 150 personnes réunies pour les écouter.

«On pense souvent à l’emploi lorsqu’on parle d’intégration sans regarder les codes culturels de la personne. Alors que s’intégrer pleinement, c’est comme lorsque les enfants jouent ensemble sans barrières culturelles», présente Diaw El-Hadji, conseiller à l’emploi du CARI Saint-Laurent et organisateur de la conférence.

Diversité culturelle?
Le Directeur général du DAM (Diversité artistique Montréal) et ethnologue, Jérôme Pruneau a ainsi partagé son expérience de Français dans le milieu de la culture. L’auteur de l’essai «Il est temps de dire les choses» – un ouvrage portant sur l’absence de la diversité dans le milieu artistique et culturel québécois – a d’ailleurs insisté sur l’importance de la vie sociale et culturelle comme vecteur d’intégration.

Plus que la simple intégration

Parvenir à s’intégrer s’avère très relatif selon celui qui répond. «Nos experts ne savaient pas vraiment quoi répondre. Pour moi, ça l’est, mais pour l’autre? C’est souvent une question de perceptions qui varient d’une personne à l’autre», ajoute le conseiller à l’emploi du CARI Saint-Laurent.

Comme l’a rappelé la psychologue de l’Université de Montréal Rachida Azdouz : «si quelqu’un se sent intégré, qui sommes-nous pour lui dire qu’il ne l’est pas?» Elle faisait ainsi écho au témoignage du cofondateur du Laboratoire de recherche sur les relations interculturelles (LABRRI), le philosophe Emongo Lomomba, et aux récits de co-porte-parole du parti Québec solidaire Andrés Fontecilla et de l’anthropologue Bob White.

Élargir les visions
Cette conférence s’inscrit dans la droite ligne de la mission de l’organisme qui vise à faciliter une intégration pleine des nouveaux arrivants, une intégration économique, mais aussi culturelle et sociale. Le CARI Saint-Laurent organise ce type d’événements tous les 3-4 ans pour élargir la vision que les gens ont de l’intégration.

Privilégier le «transculturalisme»
«Il y a également différents concepts sur la table, le modèle d’intégration à la québécoise, celui du multiculturalisme fédéral ou encore, celui que je préfère, le «transculturalisme» qui montre l’appartenance sans renier ses origines, sa culture», relève M. El-Hadji.

Tous ont les mêmes devoirs et droits dans l’État de droit qu’est le Canada même si le vécu diffère selon les divers parcours d’immigration. Plutôt que de parler d’intégration, il serait plus juste de parler de vivre ensemble. «Quand on réfléchit sur les mots, ils nous aident à mieux comprendre les maux», soutient encore le conseiller à l’emploi du CARI Saint-Laurent.