Écolo-Boulot :: Donner une 2e vie aux frênes malades

Pour qu’aucun arbre malade ne se perde, le projet Écolo-Boulot du Groupe Information Travail (GIT), un organisme d’employabilité à destination des 30 ans et moins, revalorise le bois des frênes montréalais atteints par l’agrile du frêne.

En partenariat avec Projets écosociaux, le projet Écolo-Boulot offre l’opportunité à des jeunes de se former et de poser des gestes en lien avec leur conscience citoyenne. «Les jeunes sont conscients de l’impact environnemental de leurs actions et de plus, ils sont fiers de montrer à leurs proches et à leur famille ce qu’ils sont capables de faire», assure Mireille Morin, l’intervenante superviseure et ébéniste du projet.

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Débitage, manutention et production
Les 11 jeunes, par groupe de quatre, ont réalisé le débitage des arbres abattus, la manutention et la production. La fabrication du mobilier livrera 10 bancs et une vingtaine de bacs à fleurs pour les rues de l’arrondissement de Rosemont. Ce projet de revitalisation est un intéressant prétexte de production pour développer le sens de l’engagement, l’assiduité et le travail de qualité chez de jeunes exclus socialement», relève Mme Morin.

La seconde vie des frênes
Depuis quelques années, la Ville de Montréal a entrepris une vaste campagne d’inspection et d’abattage des frênes malades. L’agrile du frêne pond ses larves sous l’écorce des frênes. L’insecte bloque ainsi la circulation de la sève et occasionne à moyen terme la mort de l’arbre. Comme l’attaque des insectes vise quelques centimètres sous l’écorce, il est possible de récupérer le bois restant pour des projets.

Projet initié à Rosemont
L’origine du projet provient d’un besoin identifié par l’arrondissement Rosemont. Les arbres malades représentent une quantité de bois importante alors pourquoi ne pas les recycler? «La demande du quartier de ne pas laisser se perdre le bois, nous a poussés à monter le projet. Après avoir consulté un entomologiste, nous avons développé, avec GTI, un projet de transformation du bois des frênes en mobilier urbain», explique Ronald Jean-Gilles, responsable de Projets écosociaux qui réalise le maillage entre institutions publiques, privées et des entreprises d’économie sociale.

Bacs à fleurs, bancs, dalles
De la phase 1 du projet a vu jaillir des mains des jeunes 42 pièces de bois : 30 bacs à fleurs, 12 bancs multiniveaux – pour les enfants et les adultes, dotés aussi d’un comptoir – et de 10 pièces mixtes et des pas japonais (dalles réalisées avec des sections de troncs). Ils seront installés en avril dans le quartier.

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La phase 2 démarrera bientôt avec une trentaine de pièces à la clé – 10 bancs et une 20aine de bacs à fleurs. «Cela demande une bonne logistique. Quand on innove, ce n’est jamais simple, mais cela donne de beaux résultats», relève M. Ronald Jean-Gilles. Et surtout, cela redonne une 2e vie aux arbres montréalais malades.

Récupérer les frênes montréalais
Sur la voie publique et dans ses parcs, 200 000 frênes arborent la ville – un arbre sur 5 des rues de Montréal serait un frêne. D’autres villes de la communauté urbaine de Montréal sont également touchées et une stratégie métropolitaine de lutte contre l’agrile du frêne a été adoptée.