BIL :: Le Bureau info-logement de Saint-Michel

Pour répondre aux besoins du quartier, le Bureau Info Logement (BIL) du Centre éducatif Communautaire René-Goupil de Saint-Michel aide les citoyens du quartier à mieux se loger. Depuis 5 ans, le BIL les informe sur les droits et les obligations des locataires tout en menant des actions de mobilisation sur des sujets sensibles, l’insalubrité en tête.

«Différentes problématiques touchent les résidents du quartier et l’insalubrité en est un de taille», confirme Coralie Le Roux. Coquerelles, fissures et moisissures, les immeubles se détériorent. L’un des problèmes les plus criants est l’insalubrité. De nombreux résidents du quartier s’en plaignent. Ce qui a poussé le BIL à prendre cette problématique au sérieux et à faire enquête : 20 % des locataires interrogés font état de ce problème.

Lutte à l’insalubrité
En partenariat avec divers organismes du quartier – Mon Resto Saint-Michel, Le Carrefour Populaire de Saint-Michel, la Joujouthèque de Saint-Michel – et appuyé par la Table de quartier Vivre Saint-Michel en Santé, un projet a vu le jour. Après le questionnaire auquel 1400 locataires ont participé et une première tournée d’inspection de 379 logements potentiellement insalubres, il entame sa phase 3 : la prise en charge collective.

Un comité de citoyens sera bientôt mis en place. «Il doit y avoir une prise de conscience collective. Ce n’est pas juste le problème de ton voisin, c’est aussi le tien. Il faut se responsabiliser en matière de gestion des matières résiduelles par exemple. Mais parler de sacs de vidanges, ce n’est pas très glamour», relève la coordonnatrice.

Petits blocs vieillissants
À la croisée de Saint-Michel, St-Léonard et de Montréal-Nord, le bureau couvre un parc immobilier vieillissant constitué à 80% de conciergeries – des édifices de 6-8 logements appartenant à de petits propriétaires. Le long de l’avenue Pie-IX, cela forme 85% des logements, généralement des 4 ½.

«Ces petits propriétaires trouvent compliqué de faire des travaux sans subvention. Et les logements se dégradent, ce qui occasionne de plus en plus de problèmes pour les locataires. C’est un cercle vicieux», explique Coralie Le Roux. Le BIL multiplie les cafés-citoyens autour de thèmes touchant le logement – le premier était consacré à l’insalubrité.

Apprendre à se défendre
Depuis sa création, entre 300 et 400 rencontres annuelles amènent la coordonnatrice du BIL à soutenir que les gens sont de plus en plus sensibilisés à leurs droits : «certains locataires restent craintifs d’entamer des démarches, de peur d’être expulsés. Nous travaillons à les accompagner dans ces démarches et leur apprendre que défendre leurs droits, c’est quelque chose de normal».