Action autonomie :: La personne en tête

Mettre la personne au cœur des décisions qui la concerne, c’est la principale mission d’Action autonomie, le collectif pour la défense des droits en santé mentale de Montréal. Si le virage de la désinstitutionalisation laisse de nombreuses personnes vivre à domicile, certains seraient privés de leurs libertés de manière arbitraire, pense Jean-François Plouffe, chargé des dossiers collectifs et de communication de l’organisme.

«La personne conserve ses droits, quant à son expression ou à sa liberté, même lorsque des démarches sont entreprises pour l’institutionnaliser. Un problème de santé mentale n’est ni un crime ni un délit», rappelle M. Plouffe.

Protection des personnes
Pour l’année 2014, près de 3 000 demandes de garde en institutions ont été enregistrées en vertu de la Loi P 38 sur la protection des personnes dont l’état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui. La loi de protection du malade mental, qui date de 1972 et a été réformée en 1997. Elle vise à protéger la personne et son entourage d’actes susceptibles d’être dangereux.

Évaluation et fardeau de la preuve
Le policier, le juge et le psychiatre sont les trois titulaires en jeu lors de l’internement dans une institution psychiatrique. L’évaluation du psychiatre de la personne amenée au tribunal change d’ailleurs de camp le fardeau de la preuve. «C’est une loi soumise aux circonstances plutôt qu’à la santé de la personne. La personne qui souffre sera souvent démunie lorsque vient le temps de faire la preuve de sa non-dangerosité», explique M. Plouffe.

Action autonomie
Action autonomie a pour mission d’aider individuellement les personnes qui le consultent (références, etc.) et également sensibiliser la population aux droits de la personne souffrant de troubles mentaux. L’organisme travaille en amont par des formations données à des étudiants en travail social ou en milieu hospitalier.

La personne d’abord
Une action plus que nécessaire alors que le système de santé québécois vit des changements importants. «Cela éloigne la personne et leurs patients des décideurs. Nous sommes dans une mécanique proche du secteur privé, une logique d’«hospitalo-centrisme» où l’hôpital, du médecin et le médicament sont au centre du système, pas la personne», souligne Jean-François Plouffe.

Visite du 6 mai

Action autonomie organisera une visite guidée de Montréal le 6 mai prochain à destination du grand public dans le cadre de la semaine nationale de la santé mentale, sur le thème Pour voir les choses autrement. «C’est une sortie historique pour visiter le patrimoine bâti, telle l’institution Louis-H. Lafontaine. L’occasion pour nous de parler».