Action Travail des femmes :: Plus qu’un gagne-pain

Faire valoir le droit des femmes au travail, c’est le combat de l’organisme Action Travail des Femmes (ATF). Alors que le monde du travail reste un milieu où l’homme tire mieux son épingle du jeu – meilleurs salaires et conditions de travail, emplois valorisés – les femmes ont encore bien des difficultés à partir à chances égales. «Être une femme est un facteur aggravant à la possibilité d’intégrer le marché du travail, particulièrement pour les femmes immigrantes», relève la coordonnatrice d’ATF, Katia Atif.

Reconnaissance des acquis
L’une des batailles est la reconnaissance des acquis des femmes d’ailleurs. Alors que les médias nous habituent à vois les différents ordres professionnels dans la ligne de mire, il faudrait également se questionner sur le rôle des universités dans la non-reconnaissance des diplômes acquis ailleurs. «Il y a une responsabilité des universités dans l’absence de valorisation et de reconnaissance des diplômes étrangers. Elles font peu d’effort dans ce sens. Un refus d’agir lié aux enjeux d’autonomie des institutions», soutient Katia Atif.

Sous-représentation
Sur les 700 demandes d’accompagnement annuelles, 60% concernent les femmes immigrantes. Les secteurs de la construction et des cols bleus de la Ville de Montréal forment deux bons exemples de bastions masculins présentant des enjeux de discrimination et de sous-représentation des femmes. Le domaine de la construction accueille 2% des femmes – malgré d’excellentes conditions de travail et des salaires alléchants.

Accessibilité au travail

Des emplois paraissent hors de portée des femmes, particulièrement des femmes immigrantes. «Le défi est de parvenir à faire valoir les droits des femmes qui ont des craintes devant les procédures juridiques complexes. Il y a de nombreux obstacles à l’accessibilité de la justice dans le droit du travail pour les femmes», pense d’ailleurs la coordonnatrice.

Choix scolaires, choix professionnels
Un autre cheval de bataille de l’organisme est de diversifier les choix scolaires et professionnels des jeunes femmes. Pour cela, des membres de l’organisme accompagnent le YMCA des femmes dans les écoles secondaires pour leur présenter les nombreuses alternatives plus rémunératrices en matière d’emploi. «Tous les métiers actuellement plus masculins ne sont pas forcément des emplois manuels, il y a aussi d’excellentes opportunités en médecine ou en génie, là où les emplois rémunérateurs sont souvent dans les mains des hommes», présente Mme Atif.