CALACS : Par solidarité avec les victimes d’agression à caractère sexuel

Un comique, peu comique, a lancé dernièrement une phrase révélatrice, sous des dehors anodins – «S’habiller sexy et se déhancher de manière suggestive dans une discothèque pour ensuite se plaindre des regards insistants des hommes, c’est un peu comme manger de la crème glacée dans un village éthiopien». C’est ainsi que bon nombre de préjugés sexistes perdurent.

«Il faut défaire les mythes de la société : penser que la femme a fait quelque chose pour se faire agresser ou que les agressions surviennent dans les ruelles sombres tard le soir», relève Kharoll-Ann Souffrant, intervenante du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS)

Services et prévention
L’organisme offre divers services individuels aux femmes de 14 ans et plus (écoute, références, etc.), mais il fait aussi de la prévention et de la sensibilisation à ce type de violence auprès de l’ensemble de la communauté. En offrant des ateliers de sensibilisation et en étant présent dans divers événements publics, le centre désire faire changer les mentalités et le regard porté sur les victimes d’agressions sexuelles.

Culpabilité ?
«En parlant avec elles, on se rend compte que les victimes ont intériorisé beaucoup de choses et pensent porter une part de la culpabilité de l’agression. Il leur faut parfois 10 ans pour oser en parler (honte, peur de briser la famille)», explique Kharoll-Ann Souffrant. Sans compter que le système judiciaire rend parfois la dénonciation difficile – la définition de l’agression s’avère très large – tout comme l’entourage, dont les réactions ne sont pas toujours empathiques. Le CALACS accompagne donc les victimes dans leurs démarches sociojudiciaires, en marge de l’organisation de groupes de soutien thématiques.

Dénoncer la culture du viol
Plus que jamais, il est important de dénoncer la culture du viol – la banalisation des agressions sexuelles – toujours à l’œuvre dans la sphère publique. Récemment, des femmes ont dénoncé sur les médias sociaux les attouchements qu’elles subissaient dans le métro. «Il faut parler des agressions et du consentement essentiel des jeunes filles et des femmes. Nous avons beaucoup à apprendre des témoignages des femmes», note l’intervenante qui cite la campagne «Je suis indestructible» sur Internet.

Dernièrement, les onze CALACS de diverses régions du Québec publiaient un rapport de recherche sur l’impact de l’implication sociale au sein des CALACS sur la guérison personnelle des survivantes d’agression sexuelle.