«Portrait en violence conjugale et intrafamiliale du quartier Bordeaux-Cartierville»

Les femmes représentent 86% des victimes de violence conjugale connues des policiers. La violence familiale ne diminue pas au sein de l’arrondissement Bordeaux-Cartierville – avec 2,4 cas pour 1 000 personnes – contrairement à la baisse des crimes contre la personne.

Ces données proviennent d’un récent rapport intitulé Portrait en violence conjugale et intrafamiliale du quartier Bordeaux-Cartierville, réalisé par l’organisme Concertation-Femme, en collaboration avec le Poste de quartier 10 du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Concertation-femme
«Lorsque survient de la violence, rien ne se produit de bon : échec scolaire des enfants, abandon d’emploi pour les femmes, dépression et problèmes de santé psychologique, etc. Cela reste encore tabou et peu de femmes acceptent de livrer cette réalité», annonce Maysoun Faouri, surperviseure du projet et directrice générale de Concertation-Femme.

Un enjeu prioritaire
Lieu de rencontres et de partage, l’organisme sensibilise à la violence aux femmes et l’aide aux victimes pour que toutes les femmes retrouvent leur dignité et leur autonomie. L’enjeu de la violence conjugale et intrafamiliale figure l’un des six enjeux prioritaires du plan en développement social «Bordeaux-Cartierville, quartier de tous les possibles» coordonné par le Conseil Local des Intervenants Communautaires de Bordeaux-Cartierville (CLIC).

Le portrait
Le portrait comprend des données enregistrées au poste de police, mais aussi les réponses de femmes issues d’un questionnaire anonyme sur la question de la violence familiale. Trois types connus témoignent de la multiplicité de la violence : celle de la belle-mère dominatrice, des jeunes adolescents envers leur mère et aussi de la violence entre frères et sœurs. « Elle est liée souvent à l’honneur : le jeune garçon sera chargé de surveiller sa sœur, même plus âgée et de rapporter son inconduite à la maison. La violence est utilisée comme moyen de contrôle », explique Maysoun Faouri.

333 cas
Le quartier de Bordeaux-Cartierville accueille 80 communautés culturelles différentes. Les intervenants s’interrogent souvent beaucoup sur la manière d’intervenir au sein de ces familles. La géolocalisation des 333 cas de violence familiale enregistrés de 2011 à 2013 a permis d’identifier des « points chauds ». L’identification de ces zones de concentration servira à ajuster et orienter les efforts de prévention des policiers et des organismes œuvrant à la prévention de la violence conjugale et familiale.

Portrait en violence conjugale et intrafamiliale du quartier Bordeaux-Cartierville