«La rue, c’est ma seule maison»

Les visages de la pauvreté changent. Chaque année, La Nuit des sans abris lève le voile sur cette réalité. De plus en plus de personnes se retrouvent sur le trottoir en raison du contexte économique, du difficile accès au marché du travail et de l’insécurité résidentielle. Les visages d’aînés, de femmes et de parents viennent grossir les rangs de l’itinérance au Québec, à côté de ceux d’hommes d’âge mûr. En 2013-2014, 22% des itinérants avaient plus de 55 ans – deux fois plus que la moyenne canadienne.

Près de 20% des femmes admises dans des centres de ressources le sont pour le motif «être sans-abri» – principale raison ou raison associée – selon les données de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes du Québec. Les auteurs de ce premier portrait de l’itinérance au Québec le rappellent : «c’est un phénomène complexe». Ils distinguent d’ailleurs trois types d’itinérance : situationnelle – ceux qui sont temporairement sans abris qui parviennent à se reloger -, cyclique – la situation des personnes qui alternent entre un logement et la vie dans la rue – et chronique – la forme d’itinérance la plus visible, celle des sans abris.

Pauvreté, manque d’accès à des logements abordables, transformations du tissu social et transition ratée de la sortie d’un établissement de longue durée ; divers facteurs mènent à l’itinérance. Une des études citées par le rapport – «L’État de l’itinérance au Canada », de 2013 – estime à plus de 200 000 Canadiens, ceux qui dorment dehors ou utilisent un service d’urgence pour sans-abri au cours de l’année. Un nombre minimal, selon les auteurs, qui ne prend pas en compte les Canadiens hébergés par des proches. Ce rapport s’appuie sur les données présentes au sein de la politique nationale de lutte à l’itinérance – «Ensemble pour éviter la rue et en sortir» -, lancée en février 2014.

À lire «L’itinérance au Québec – Premier portrait», Ministère de la santé et des services sociaux, 2014

Et aussi, le numéro spécial de la revue Relations, «L’itinérance, de la détresse à l’accueil»