«Au-delà des statistiques, pour une immigration à visage humain» – Mémoire de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes

Dans le cadre de la consultation du gouvernement du Québec La planification de l’immigration au Québec pour la période 2012-2015, la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI) a déposé un mémoire au titre évocateur : «Au-delà des statistiques, pour une immigration à visage humain».

Créé en 1979, la TCRI est un regroupement national des organismes œuvrant auprès des personnes réfugiées, immigrantes et sans statut.

Les orientations de la TCRI sont les suivantes :

«Orientation 1
La TCRI a toujours privilégié une augmentation progressive des niveaux d’immigration, traditionnellement très bas au Québec comparé au reste du Canada, en s’assurant que cela ne s’effectue pas au dépend des catégories de la famille et de l’immigration humanitaire qui ont toujours été des composantes essentielles de l’ensemble du mouvement migratoire au Canada et particulièrement au Québec. Nous recommandons donc une croissance des niveaux équilibrée en fonction d’objectifs économiques, humanitaires et linguistiques. Cependant, il est impératif qu’une augmentation et même un maintien des niveaux d’immigration actuels soit accompagnée de mesures et de ressources financières additionnelles et adéquates favorisant l’intégration des nouveaux arrivants.

«Orientation 2
La TCRI recommande que le rôle et la responsabilité des différents acteurs et intervenants institutionnels et non-gouvernementaux soient mieux définis et que le partage des ressources entre le secteur public et le secteur communautaire soit mieux équilibré. Nous demandons qu’une réflexion en profondeur soit menée sur la complémentarité des ressources existantes afin de s’assurer que les mesures en place soient adaptées et répondent aux besoins des nouveaux arrivants. À cet effet, une évaluation sérieuse devra être entreprise pour identifier les pratiques gagnantes et celles qui ne donnent pas de résultats.

«Orientation 3
La TCRI a toujours prôné l’égalité entre les hommes et les femmes, indépendamment de leur origine ou de leur statut. Les politiques d’immigration et d’intégration du Québec, dans le contexte de vulnérabilité de l’immigration féminine actuelle, doit prendre en compte le genre et appliquer systématiquement l’analyse différenciée selon les sexes afin de lever tous les biais sexistes renforçant les inégalités entre les femmes et les hommes tant au niveau des critères de sélection que des mesures d’intégration.

«Orientation 4
Les politiques et programmes du gouvernement du Québec doivent prendre en compte la situation particulière des enfants et des jeunes nouveaux arrivants (et de leurs familles) afin de lever les obstacles systémiques qui entravent leur cheminement socio-scolaire, de mieux préparer les institutions à composer avec ces jeunes (écoles, soins de santé et services sociaux, protection de la jeunesse), de soutenir plus adéquatement les organismes d’accueil des nouveaux arrivants dans leur rôle de catalyseur de changement pour des institutions plus inclusives.

«Orientation 5

Étant donné l’anticipation d’un faible niveau de réfugiés reconnus sur place pour les années à venir, nous sommes d’avis que cette baisse soit compensée graduellement par une augmentation de la catégorie des réfugiés sélection nés à l’étranger et que plus de moyens et de ressources soient déployés pour l’intégration des personnes issues de l’immigration humanitaire.

«Orientation 6
Le Québec devra redoubler d’efforts pour adapter les pratiques dans le domaine de l’intégration en emploi des nouveaux immigrants par la reconnaissance de l’approche interculturelle adaptée à l’employabilité. Cette approche globale inclut, entre autre, l’intervention à double rythme et l’accompagnement des employeurs.

«Orientation 7
Que la régionalisation de l’immigration soit vue comme un système dynamique basé, d’une part, sur un modèle global d’intégration qui prend en compte les besoins d’accompagnement liés à la complexité de l’intégration et de la mobilité et d’autre part, adaptable aux réalités régionales multiples et ce dans le respect de l’expertise existante.»